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Enquêtes scientifiques et tests-diagnostics : mieux connaître les compétences info-documentaires des élèves du secondaire et du supérieur

Enquête sur l'aleph, de Post it (n°1). lien

Comment peut-on penser construire les savoirs enseignables en Information-documentation sans tenir compte des difficultés des élèves et des étudiants en matière de compétences documentaires ? Il n’est pas de projet didactique viable qui ne travaille sans relâche à l’articulation de ces deux composantes essentielles de toute situation d’enseignement-apprentissage que sont l’élaboration et l’appropriation des savoirs. Cette dialectique entre l’objet référent et le sujet apprenant s’avère en outre indispensable si l’on ne veut pas s’enfermer dans un débat interne inopportun opposant les approches top-down et bottom-up1.

Mais comment, hormis à partir de la seule expérience professionnelle acquise au contact des élèves, identifier de manière plus rationnelle les lacunes de ces derniers ? Deux outils, encore trop rarement exploités, sont à notre disposition : les tests-diagnostics élaborés par la profession d’un côté, les enquêtes scientifiques de l’autre. Après avoir évoqué les enjeux de ces recherches et avoir mesuré les avantages et les limites des uns et des autres, il sera évoqué un nouveau chantier d’investigation didactique.


  1. Il existe plusieurs manières de penser l’élaboration des savoirs scolaires. On oppose bien souvent l’approche qui privilégie les savoirs savants (top-down) à celle qui prend de préférence appui sur l’observation des apprenants (bottom-up). 

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Evaluer, noter, publiciser : gestes professionnels et enjeu de professionnalisation pour les professeurs-documentalistes

"Résultats du bac, un frère dans le stress...", par Indeepdark, 2005. lien

« Suis-je totalement à côté de la plaque et/ou dois-je changer de métier ???? » a écrit il y a peu une collègue sur la liste de diffusion e-doc (16-12-2008). Elle s’alarmait du fait que son chef d’établissement, alerté par des parents, lui reprochait de noter les copies de ses élèves. Elle précisait pourtant que cette note n’était inscrite que sur les copies des élèves volontaires et qu’elle n’était pas reportée sur le bulletin scolaire. Son message commençait ainsi : « Je commence sérieusement à me poser des questions sur mon travail/mon métier et les missions que je dois accomplir en tant que "professeur" documentaliste».

Le malaise que ressent cette collègue est largement partagé. Il est logé au cœur même de cette ambiguïté fondatrice de la profession : être "enseignant" mais surtout pas "professeur" au sens traditionnel du terme. Je souhaite profiter ici de l’interpellation de notre collègue, interpellation essentielle à la réflexion globale sur notre professionnalisation, pour proposer quelques remarques à propos de la notation qui peut faire suite à l’évaluation des apprentissages documentaires, ainsi qu’au report des notes sur le bulletin de l’élève.

Il me semble qu’un retour aux origines de la profession et un rappel de son arrière-plan idéologique est de nature à mieux saisir le sens de ce refus de la note en contexte d’apprentissage documentaire. Je voudrais ensuite montrer, à partir d’une distinction à remarquer entre l’évaluation, la notation et la transmission de la note à l’administration, comment c’est ce dernier geste professionnel qui, bien davantage que les deux autres, est particulièrement engageant pour la reconnaissance de l’enseignement info-documentaire.

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Trois obstacles à l’idée d’une discipline de l’Information-documentation

Séance pédagogique en salle multimédia. CLG F. Villon. Les Ponts-de-Cé (49). 2007

Presque 20 ans après l’instauration du CAPES de Sciences et techniques documentaires, l’idée d’une discipline de l’Information-documentation fait toujours débat. Etonnant CAPES que celui de Documentation, en vérité, qui n’est pas attaché à une discipline comme tous les autres, et qui doit même se justifier lorsqu’il est convoqué pour légitimer un enseignement ! Quoi, entend-on encore trop fréquemment, il faut un CAPES pour classer des livres ?! Quoi, les « documentalistes » évaluent les élèves ? Bien que de statut enseignant, la profession pâtit de son attachement à la Vie scolaire, source de bien des confusions et de bien des manipulations. L’appellation double de professeur documentaliste entretient également durablement cette ambiguïté : un CAPES de Mathématique ou d’Education musicale fait-il pour autant des professeurs mathématiciens ou des professeurs musiciens ? Ces derniers sont-ils des « mathématiciens et des musiciens en milieu scolaire », de la même manière qu’on peut lire quelquefois que les professeurs documentalistes seraient des « documentalistes en milieu scolaire » ? Non. Le CAPES de Documentation n’est pas un diplôme de documentaliste ou de bibliothécaire et n’a pas à se substituer à un DUT ou à un DEUST. Il est décerné à un professeur enseignant la Documentation dans un centre à la double valence d’outil didactique et de service d’information, et dont il a la responsabilité.

Si la grande majorité des professeurs documentalistes aujourd’hui se réclament enseignants, ils hésitent cependant à assumer l’éventualité du corrélat disciplinaire. Certes le cadre disciplinaire n’a pas été fourni avec l’enseignement qui découle du statut, certes l’institution, qui admet par ailleurs l’existence de ce « champ disciplinaire » retarde à généraliser un programme qui existe déjà ailleurs, notamment dans la série STG ou dans l’enseignement agricole. Mais pour autant, le blocage n’est pas qu’institutionnel. Il doit être recherché au cœur même de la profession, c’est-à-dire dans ce qui l’origine et la constitue. A l’heure où une sorte de fatalité historique (l’éternel échec de la pédagogie nouvelle), politique (le retour vers une éducation traditionnelle) et économique (« l’économie de la connaissance » prônée par la « stratégie de Lisbonne ») semble frapper le corps des enseignants documentalistes et freiner son évolution, ces derniers ne peuvent plus éluder les questions vives d’un débat qu’ils ajournent régulièrement depuis plus de 20 ans.

Ces blocages sont avant tout de nature identitaire. Et c’est à partir de ce point de portée générale, point consensuel au moins au départ, que nous tenterons de prendre à bras le corps les résistances à l’idée d’une discipline de l’Information-documentation. Ces résistances nous apparaissent comme autant de représentations faisant obstacle à l’évolution du processus de professionnalisation des professeurs documentalistes. Si les facteurs responsables de cette méfiance ressentie par la profession à l’égard de l’option disciplinaire sont complexes et mériteraient un long développement dans le cadre d’une sociologie des professions, il est toutefois possible d’avancer quelques repères en espérant qu’en mettant à plat un certain nombre de non-dits, une réflexion commune puisse être entreprise qui interrogerait ces représentations et permettrait de lever les obstacles.

Nous avançons ainsi que ces obstacles pourraient provenir d’interférences avec le modèle canonique que constitue la pédagogie dite traditionnelle, entraînant dans son cortège de vives protestations un certain nombre de confusions sur l’idée d’une discipline originale. Au nombre de ces protestations à saisir comme autant d’indices à lever pour comprendre, il nous faudra également interroger les représentations professionnelles sur les savoirs à enseigner et sur l’évaluation des apprentissages…

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La politique documentaire transforme-t-elle les CDI en bibliothèques scolaires ?

« You have to move ». Cliché : Laclauz

Une idée fait tranquillement son chemin selon laquelle bibliothèque et CDI sont des lieux aux missions équivalentes. Il y a quelques mois, un colloque (Mediadix, 13-11-2007) n'a-t-il pas exploité cette évidence supposée des similitudes existant entre le bibliothécaire et le "documentaliste en milieu scolaire" afin de travailler à leur nécessaire rapprochement ? De son coté, notre inspection générale ne manque pas une occasion pour appeler à cette fusion, confortant une représentation réduisant le CDI à une simple bibliothèque scolaire, fût-elle une "bibliothèque scolaire 2.0". Nous savons bien quel serait le prix à payer pour cette assimilation, aussi bien du point de vue éducatif (maintien des formations techniques aléatoires destinées aux usagers) que professionnel (fin du processus de professionnalisation enseignante). Dernièrement, sur la liste E-doc, Un collègue de bonne foi en appelait à la politique documentaire pour exemple de ce rapprochement et de ses bienfaits, soulignant qu’elle a au moins le mérite de signaler notre mission à tout l’établissement. Occasion pour reparler du cheval de Troie…

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Evaluation des compétences info-documentaires : Approche didactique. Intervention du 10 mars 2008. Académie de Versailles, bassin de Boulogne

Cette communication vise à apporter des éléments nouveaux de réflexion à partir des données récentes de la didactique de l’information en vue d’aider la profession à (re)penser l’évaluation des apprentissages info-documentaires. La première partie présente une approche définitionnelle de l’évaluation, à partir des idée essentielles de la « valeur » que son étymologie travaille, de ses différentes fonctions principales (formative et attestative) ainsi que de ses enjeux, tant éducatifs et sociaux que professionnels. La seconde partie se base sur les trois chantiers de la didactique de l’information (l’élaboration des contenus, leur appropriation par les élèves et les situations mises en place par l’enseignant documentaliste) pour réinterroger l’évaluation autour de trois questions : Quels contenus évaluer (des compétences et des notions) ? Comment identifier et évaluer l’évolution des représentations ? Comment organiser l’évaluation ? Ce dernier axe s’intéresse d’une part à la conception de le séquence pédagogique en partenariat et, d’autre part, à la délicate répartition des domaines de l’évaluation entre les professeurs.

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