Sommaire

Table ronde

Souci de l'élève et didactique

Identité enseignante VS learning centre.

Ce qu'il y a derrière ce débat, ce sont bien des choix de sociétés dévoilés par les théories de l'apprentissage sur lesquelles on prend appui. Entre le postulat de l'apprentissage situé qui suppose moins de professeurs, où chaque apprenant reçoit en fonction de l'énergie qu'il investit dans son travail, et une pédagogie volontariste ciblée sur le plus grand nombre et prenant en compte obstacles et difficultés d'apprentissage, le ministère a choisi, pensant faire l'économie d'une didactique et surtout de postes de professeurs. Les défenseurs de l'identité enseignante ET de la didactique − l'un supposant l'autre − quant à eux se réfèrent au courant constructiviste qui met motivation et réussite des élèves au cœur de l'action pédagogique.

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Professeur-documentaliste ou professeur documentaliste ?

Au-delà de l’interrogation grammaticale et orthographique, c’est une question de sémantique qui se pose.

A lire les interventions récentes sur les listes de diffusion professionnelles et certains commentaires postés à la suite d’articles publiés sur le site Les Trois Couronnes, je m’interroge sur l’opportunité de préserver ce trait d’union entre les deux mots qui forment le nom de notre profession (1). Il est manifeste qu’il est devenu le symbole non pas d’une interaction de pratiques (2), mais celui de divergences profondes qui secouent notre profession.

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« Cours d’info-com, cours magistral » : pour en finir avec quelques clichés

Photo de Camille Stromboni, 2011. Licence Creative commons. (lien)

Des propos tenus ici où là sur les listes, plutôt que d’évoquer un enseignement de l’info-documentation, reprennent l’expression de « cours d’info-com », en chargeant celle-ci de connotations négatives. Cette expression semble tourner au cliché, et sert de code de reconnaissance entre ceux qui cherchent à caricaturer les travaux en didactique de l’info-documentation, dont l’unique but, pourtant, est de proposer des contenus spécifiques et des démarches originales et de frayer un chemin vers une expertise enseignante. De même, la menace du « cours magistral » est brandie comme un épouvantail destiné à écarter les collègues dont la curiosité pourrait conduire à s’intéresser à d’autres modalités d’enseignement. L'Inspection générale s’empare elle-même de plus en plus ostensiblement de cette rhétorique pour combattre les défenseurs du mandat pédagogique et pour promouvoir les learning centres, au motif qu’ils favoriseraient l’apprentissage, dans une opposition simpliste entre le teaching et le learning. Derrière ce syntagme de « cours info-com » se cache bien l’idée du cours magistral, mais également celle d’une transposition quasi littérale des concepts des Sciences de l’information-communication. Ce très mauvais procès mérite un éclaircissement.

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"Bas les masques" ou comment on tente de "reprofiler" une profession sans décision réglementaire !

Ayant suivi l'actualité de notre profession, j'ai eu des échos assez précis des Rencontres SavoirsCDI de Rennes. Donc, je ne m'étonne pas du contenu de l’article de Pascal Duplessis dont je partage l'analyse. Je viens de rendre la 3ème édition de mon ouvrage sur les CDI, édition refondue et réécrite presque entièrement, qui paraîtra en février prochain. J'y développe (et dénonce) la même logique d'une stratégie volontaire, discrètement et habilement menée depuis 2004 et dont la cohérence prend son sens avec les projets de Learning centres, que j’ai appelée la "stratégie du Petit Poucet", les cailloux ayant été listés par Pascal.

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Les learning centres dans le secondaire : stratégie institutionnelle et enjeux pour la formation des élèves et l’identité de l’enseignant documentaliste

Quoi qu’on en dise, la question des learning centres agite et inquiète les professeurs documentalistes quant au contenu de leur future fiche de poste, même si, en apparence, ils ne réagissent guère. Les concepts de Politique documentaire, Pacifi et Learning centres sont du reste souvent perçus comme autant d’orientations distinctes, voire contraires. Il s’en dégage, pour certains de nos collègues du moins, l’idée que les Learning centres sont une nouvelle mode et que, comme toutes les modes, elle passera. Il serait donc inutile de s’y intéresser, et il n'y aurait qu'à laisser l’institution s’amuser avec son nouveau joujou… Pour ma part, je n’en crois rien, convaincu au contraire de l'existence d'un schéma d'ensemble intégrant ces trois projets. J'en donnerai trois raisons. La première est l’activisme que l’on observe depuis un an autour de ce projet et de ses avancées, la deuxième est la cohérence que le projet de learning centre entretient avec le concept de politique documentaire et le Pacifi, la troisième, enfin, est l’acharnement observable qui consiste à vouloir vider de son sens la circulaire de missions de 1986.

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Analyse critique du document Pacifi 5. Vers une validation du Pacifi par les disciplines ?

Gosier beach. Louis Gély, 2008. Sous Creative commons. Modif. P. Duplessis

J’avais engagé, à partir du 1er janvier 2011, une analyse critique du document Pacifi et consacré coup sur coup quatre articles sur le sujet. La parution brutale du projet de circulaire de mission le 18 janvier, puis la rumeur produite autour du projet de transformation des CDI en "learning resources centres" m’avait un peu éloigné de ce projet inachevé. A l’occasion de l’anniversaire de la sortie du Pacifi, j’ouvre à nouveau le dossier à partir de la question lancinante de la déresponsabilisation pédagogique de l’enseignant documentaliste dont le Pacifi se fait l’un des outils les plus menaçants. Depuis 2001, l’IGEN combat avec une vigueur sans cesse croissante l’idée que le professeur documentaliste pourrait « assurer » (circulaire de 1986) et assumer un enseignement de l’info-documentation. Au contraire, elle met tout en œuvre pour que cet enseignant s’en remette exclusivement aux programmes et aux professeurs disciplinaires pour former et évaluer les acquis info-documentaires des élèves. Voilà donc que paraît ce Pacifi (oct. 2010), tellement recommandé « à l’ensemble des équipes pédagogiques et éducatives » et tellement simplifié quant aux contenus à faire acquérir aux élèves que nous nous posons la question, non seulement, de sa finalité évaluative (un référentiel de validation de compétences procédurales facile à utiliser), mais encore celle de l’attribution de la responsabilité de cette validation. Nous l’avons déjà relevé, le Pacifi, solidement ancré dans le Socle commun, propose une incroyable réduction des contenus info-documentaires en quelques 10 capacités et 10 attitudes dont la plupart sont, au mieux, seulement procédurales, et au pire, tellement transversales qu’elles n’ont que peu de rapport avec notre champ disciplinaire. Nous avons ici affaire à un resserrement épistémique considérable dont la conséquence pourrait être d’instituer, si validation il devait y avoir, un pilotage par les résultats qui pourrait bien être confié aux enseignants disciplinaires plutôt que documentalistes. De nombreux dits et indices nous le laissent d’ailleurs prévoir.

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Le « learning centre », un modèle incontournable ?

Les learning centres seraient un modèle incontournable dont les CDI seraient bien avisés de s’inspirer si l’on en croit le projet initial de circulaire de mission des professeurs documentalistes… Cette préconisation s’inscrit cependant dans un projet éducatif global qui repose sur des valeurs et des choix idéologiques qu’il serait bien imprudent d’ignorer ou de sous-estimer.

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Retour sur la politique documentaire « en milieu scolaire » (1)

Onze ans après le lancement du concept de politique documentaire par le séminaire national de mai 2000, les Trois couronnes publient une série d’entretiens dans le but de jeter un éclairage sur sa réception par les professeurs documentalistes et son impact sur l’identité professionnelle.

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Une contribution à l’analyse du phénomène « circulaire de mission » dans l’univers de la documentation

Alors même que « la circulaire de mission » a été un serpent de mer qui a occupé de nombreuses pensées pendant ces dix dernières années, alors même que nous vivions toujours sous la férule de la circulaire de 1986 (rappelez-vous, à cette époque-là, il y avait des floppy disk noirs de 380 kilo octets, oui oui 386ko !!!), la nouvelle circulaire de mission sort… après l’avènement de la « Politique documentaire », après l’avènement du « PACIFI » et après une modification en profondeur des épreuves du CAPES. La circulaire nouvelle est annoncée dans un mode de communication qui laisse perplexe un grand nombre de personnes concernées par ce texte. Quel est le profil de poste dessiné par cette nouvelle circulaire ? Quel sens donner à l’existence même de cette circulaire de mission qui renaît de ses cendres 24 ans après sa sœur aînée ?

D’une part, le contenu de la circulaire dessine un nouveau métier sur lequel il convient de réfléchir. On pouvait s’attendre à ce que cette nouvelle circulaire entérine une situation de fait, voulue, pensée et initiée par le nouveau CAPES de documentation mis en place en 2001 sous l’impulsion de Guy Pouzard, articulant harmonieusement l’usage des TIC avec une véritable composante pédagogique et justifiant pleinement la dénomination de « professeur documentaliste ». Nous verrons qu’il n’en est rien. La circulaire dessine un nouveau profil de professeur documentaliste qui tourne résolument le dos à cette conception. D’autre part, on peut s’intéresser à l’acte de communication que constitue cette circulaire, et y voir la volonté de refuser durablement à l’information-communication le statut de discipline scolaire. Et dans ce cas, la réflexion portera sur le pourquoi de ce refus.

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Le Pacifi : Un hiatus entre les fiches « Repères » et le cadrage institutionnel. Analyse critique du document Pacifi (4)

Gosier beach. Louis Gély, 2008. Sous Creative commons. lien Modif. P. Duplessis

Contre toute attente, et en dépit du choix opéré par le cadrage institutionnel en faveur de compétences transversales, les 10 fiches « Repères » abordent la dimension théorique de l’information-documentation et font appel à la construction de nombreux savoirs scolarisables. La richesse et la diversité de ces savoirs info-documentaires s’expriment même au travers de leurs différentes formes, qu’elle soit conceptuelle, analytique ou opératoire. L’analyse de l’emploi de ces formes et de leurs occurrences dans les fiches permet alors d’identifier deux orientations épistémiques privilégiées, lesquelles ne vont pas dans le sens auquel on pouvait s’attendre. Il apparaît dès lors un fossé entre le discours affiché par l’institution dans son cadrage et les prescriptions didactiques formulées par les auteurs des fiches. Comment interpréter ce qu’il faut bien appeler un clivage ?

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